vendredi 16 février 2018

Tortues à l’infini de John Green.

Salut les poussins,

Aujourd’hui:

Tortues à l’infini de John Green:


Aza, seize ans, n'avait pas l'intention de tenter de résoudre l'énigme de ce milliardaire en fuite, Russell Pickett. Mais une récompense de cent mille dollars est en jeu, et sa Meilleure et Plus Intrépide Amie Daisy a très envie de mener l'enquête. Ensemble, elles vont traverser la petite distance et les grands écarts qui les séparent du fils de Russell Pickett : Davis.
Aza essaye d'être une bonne détective, une bonne amie, une bonne fille pour sa mère, une bonne élève, tout en étant prise dans la spirale vertigineuse de ses pensées obsessionnelles.
Aza, Daisy, Davis, trio improbable, trouvent en chemin d'autres mystères et d'autres vérités, celles de la résilience, de l'amour et de l'amitié indéfectible.

Me voilà enfin. J’ai donc fini cette fameuse panne de lecture dont je vous ai parlé dans l’épisode précédent avec le petit dernier d’un auteur que j’aime vraiment beaucoup: John Green. On est beaucoup à aimer son univers je pense, ce n’est pas toujours un gage de qualité que d’être célèbre mais avec John Green on est presque toujours assurés de passer un bon moment. Même si ça n’a pas été un coup de cœur pour plusieurs raisons, j’ai beaucoup aimé Tortues à l’infini.

L’histoire se concentre sur Aza, Daisy et sur Davis dont le père s'est enfui pour une histoire de fraude. Daisy pousse alors Aza à chercher sa destination finale afin de se faire un peu d’argent grâce à la récompense promise par la police. C’est surtout une vieille amitié qu’elle va retrouver et peut-être réussir à avancer un peu dans sa vie tellement compliquée? 

Aza est un personnage un peu particulier. C’est une jeune adolescente coincée dans des pensées ou plutôt des obsessions qui lui gâchent la vie; on pourrait appeler ça des tocs, des idées qui lui viennent et reviennent encore et toujours à l’esprit. Sa meilleure amie Daisy supporte ça tant bien que mal, elle la connaît mieux que personne et la laisse être elle-même même si souvent ce n’est pas facile puisqu’Aza en est presque fermée aux autres, bloquée qu’elle est dans sa bulle. La réapparition de Davis - un vieil ami d’enfance - va repousser ses limites, pour le meilleur comme pour le pire. 

J’aurais ajouté que Davis et moi ne nous étions jamais beaucoup parlé et qu’on ne s’était pas beaucoup regardés non plus; mais ce n’est pas grave, car nous regardions le même ciel ensemble - ce qui est sans doute plus intime que de croiser le regard de l’autre. Tout le monde peut vous regarder. Il est plutôt rare de trouver quelqu’un qui voie le monde tel que vous le voyez.

J’ai adoré les personnages de ce roman comme toujours avec cet auteur, je pense que c’est à chaque fois son point fort: des gens - souvent des ados - imparfaits et délicieusement réels. Ils n’hésitent pas à nous parler de leurs problèmes mentaux, à nous dépeindre leurs défauts physiques.. ils n’en sont que plus proches de nous, plus crédibles et on ne s’attache que plus à eux. Toujours. Aza est particulièrement singulière, ses problèmes sont vraiment graves et on s’en rend très rapidement compte. Que ce soit pour elle comme pour les autres c’est très difficile à vivre, elle n’arrive pas à passer une journée normale sans s’égarer, à un tel point que parfois cela peut la mettre en danger.

Le résumé nous parle de la disparition de Russell Picket qu'elle connaissait vaguement enfant, quand elle traînait avec Davis. Elle décide - bien malgré elle, poussée par sa meilleure amie - à enquêter sur l’endroit où il pourrait se trouver. C’est une des déceptions que j’ai au sujet du roman: le peu de mise en avant de ce sujet. Dans le résumé, on en parle comme si ça allait être palpitant, comme si ça allait prendre une place énorme dans le récit mais vraiment pas. C’est plutôt le fond, tout tourne autour mais il ne se passe pas grand chose et certainement rien d'excitant. Tout est plutôt calme et assez répétitif puisque tout tourne autour des pensées d’Aza et de ses problèmes.

Ce n'est pas une histoire d'amour comme on pourrait l'imaginer. Ce n'est pas une enquête mouvementée où des adolescents courent après un criminel en fuite. C'est un roman sur des ados un peu paumés qui tentent tant bien que mal de grandir sans trop souffrir, comme souvent dans les récits de John Green. Il nous dépeint cette fois-ci une maladie mentale bien réelle avec une justesse incroyable, on ne peut qu'être ému devant la détresse quasi constante d'Aza. Néanmoins, il me manquait un petit quelque chose pour que ce soit totalement réussi à mes yeux.

Des bisous!

vendredi 26 janvier 2018

Confession - panne - retour. I'm back.

Salut les poussins,

J’ai eu une panne. Pas une panne sexuelle (je vous vois venir, les coquinous), pas une panne d’électricité.. non, une panne de lecture. Pour quelqu’un qui vit pour les livres comme moi ça a été horriblement dur. Un des moments les plus vides de ma vie. Je me suis sentie seule, je n’ai pas voyagé, je ne suis pas tombée amoureuse, je n’ai pas pleuré ou simplement été émue.. 

Pourquoi? Il y a de multiples raisons j’imagine. Je fais ce blog depuis des années déjà et peut-être qu’un peu de fatigue s’est accumulée à la fatigue de la vie quotidienne; 2017 a été une année très difficile pour nous, ponctuée de mauvais coups du destin, de pertes tragiques, de douleurs mentales et physiques.. Aujourd’hui je n’irais pas dire que notre parcours du combattant est fini mais ce vide dans mon cœur qui grandissait et grandissait a fini par m’étouffer: j’ai besoin de mes livres! J’ai besoin de Jane Eyre, d’Harry Potter, d’Elizabeth Bennett, de d’Artagnan, d’Augustus Waters et de tous ces milliers d’autres héros qui m’ont soutenue et fait rêver toutes ces années. Ces héros avec qui j’ai grandi, avec qui je vis depuis que je sais tenir un livre en main. Mais vous savez quoi? J’ai aussi besoin de tout ceux que je ne connais pas encore. J’ai besoin de vivre à travers eux, j’ai besoin de ressentir, j’ai besoin de m’évader. Parce que c’est ce que la lecture a toujours fait pour moi. 

Si je me suis éloignée d’eux, je ne les ai jamais oubliés. J’ai acheté des livres, j’en ai loués à la bibliothèque (et rendus, jamais lus), j’en ai ouverts, j’en ai commencés, j’en ai baladés.. ils étaient là, toujours. Parce que depuis que je sais tenir un livre, je suis un rat de bibliothèque. Mes livres sont ma deuxième famille. Une famille pleine de gens différents, des gentils, des méchants, des égoïstes, des terrifiants, des amoureuses, des aventuriers.. Je les ai quelque peu mis en sourdine mais aujourd’hui, je leur redonne vie. Et je retrouve ma voix et ma voie ici, avec vous. 

Ce que c’est bon!

Je reviens dès demain avec une chronique sur le petit dernier de John Green!

Des bisous!

mercredi 5 juillet 2017

A l'ombre de l'arbre kauri de Sarah Lark.

Salut les poussins,

Aujourd'hui:

A l'ombre de l'arbre kauri de Sarah Lark.

Nouvelle-Zélande, 1875. Lizzie et Michael cultivent l’espoir d’un jour  posséder leur propre domaine. Mais ces perspectives heureuses sont  soudain assombries par la disparition de leur fi lle adoptive, kidnappée  par un chef maori…
Pendant que Michael se démène pour retrouver sa fi lle, Kathleen – son  ancienne fi ancée – apprend une bonne nouvelle : son fi ls Colin rentre  au pays. Mais nul ne mesure les conséquences de ce retour pour les  deux familles…
Prenant pour toile de fond les paysages grandioses de la Nouvelle-  Zélande, Sarah Lark fait la part belle à ses héroïnes, et au combat  qu’elles mènent pour conquérir liberté et indépendance.
 J'adore Sarah Lark, vous vous souvenez? C'est cette incroyable auteure dans le style de Tamara McKinley, toutes deux sont capables de nous présenter des sagas familiales sur des années, le tout en faisant en sorte que ce soit toujours surprenant, toujours dépaysant, toujours.. plutôt génial en fait.

L'année passée, à peu près à la même période, je vous présentais le premier tome de cette saga. Comme la précédente, Le pays du nuage blanc, on peut lire chaque livre indépendamment des autres, lire juste le deuxième, juste le troisième.. peu importe. Chaque histoire est indépendante même s'il s'agit toujours des enfants ou petits-enfants des personnages d'avant et que ceux-ci sont souvent encore présents. Malgré ça, tout est présenté de façon à ce qu'on comprenne tout même en lisant seulement le dernier par exemple.

Ici c'est donc les enfants de Lizzie, Michael et Kathleen que nous suivons plus une nouvelle famille qui est, étonnamment, plus au centre de l'histoire que les autres, au moins un peu.  Nos trois héros du tome précédent ont vieilli, sont des adultes accomplis, chacun ayant une situation plutôt confortable. Lizzie a donc eu une fille avec un chef maori, Matariki, que Michael a élevé comme sa propre fille. Ils ont également d'autres enfants sans importance aucune dans le récit. Elle est le "côté maori" de l'histoire. De l'autre nous avons une petite nouvelle, Violet, une jeune fille de mineur qui se retrouve par un hasard étrange de circonstances en Nouvelle-Zélande avec sa petite soeur, son père, son frère et l'un de ses amis. Ces deux jeunes filles m'ont fait connaître une multitude de situations sociales, économiques et culturelles, chacune vivant des aventures plutôt mouvementées. Nous les regardons grandir, du début de l'adolescence jusqu'à ce qu'elles deviennent des jeunes femmes accomplies.

Bien sûr, il y a une tonne d'autres personnages. Des gentils, des méchants, des très méchants.. Comme souvent dans ce genre de sagas certains hommes sont effroyables et ici encore j'ai serré les dents de nombreuses fois en voyant les épreuves que les filles traversent.. Je n'ose pas en dire trop de peur de spoiler, si je vous dit un tant soit peu ce qu'il se passe vous perdrez toute surprise en tournant les pages alors que c'est ce qu'il y a de meilleur! Sachez seulement que tout s'enchaîne, que la Nouvelle-Zélande est au centre de l'histoire, que ce soit géographiquement qu'historiquement. On le sentait dans les autres tomes déjà mais ici les choses changent, les mentalités aussi, le peuple néo-zélandais est prêt à se battre pour se tourner vers la modernité, une période vraiment intéressante!

Je ne sais pas si vous vous souvenez mais mon avis sur le premier tome, Les rives de la terre lointaine était un poil partagé, même un peu négatif. Ici, il n'en est rien! Je ne dirai pas que j'ai vibré tout le long du roman ni que certaines choses n'étaient pas un peu prévisibles, il n'en reste pas moins que j'ai passé un excellent moment. J'ai beaucoup réfléchi hors lecture à ce qui allait arriver dans la suite et ça, c'est un très bon signe! Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, on voyage constamment, on change d'endroits, de cultures.. j'ai encore vécu quelques jours incroyablement dépaysants grâce à Sarah Lark, un vrai bonheur!

Merci aux Editions Archipel,

Des bisous!

jeudi 30 mars 2017

Les conquérantes, tome 1: Les chaînes 1890 - 1930 d'Alain Leblanc.

Salut les poussins,

Aujourd'hui:

Les conquérantes, tome 1: Les chaînes 1890 - 1930 d'Alain Leblanc.

 A travers le destin de deux familles, Alain Leblanc retrace dans cette fresque romanesque en trois tomes la lutte et les avancées qui ont permis aux femmes de s'imposer dans une société gouvernée par les hommes. Une histoire essentielle pour saisir l'importance d'un combat plus que jamais d'actualité. Dans le premier tome ... Clémence n'a toujours désiré qu'une seule chose : mener une vie libre. Mais dans ce début du XXème siècle où la moindre revendication féministe est considérée comme une atteinte aux bonnes moeurs, le chemin sera long avant qu'elle n'accède enfin au bonheur. La première guerre mondiale, son sens des affaires et son amour de la mode feront d'elle, après bien des revers, une femme profondément moderne.
Clémence a vécu toute son enfance sous la coupe d'une mère effacée et d'un père tyrannique qui considère les femmes comme des moins que rien. Constamment rabaissée, elle continue tout de même à se battre comme elle peut, cherchant petit à petit à acquérir les armes qui lui permettrait de se libérer d'un futur qui va à l'encontre de tous ses rêves. Malheureusement, à cette époque, la femme n'est rien. Elle est mariée contre son gré à Gustave, un autre tyran qui semble déterminé à l'écraser encore plus, mais elle usera de toutes ses compétences pour s'approcher enfin de son rêve ultime: être libre.


Je ne savais pas à quoi m'attendre avec ce roman mais je ne pensais pas à m'attacher autant aux nombreuses héroïnes qui peuplent ce récit.. Et elles sont nombreuses, bien que Clémence reste sans conteste la principale et sans aucun doute la plus impressionnante.

À cette époque, les femmes ne sont rien. Bonnes à faire des enfants et à se taire, elles doivent rester en retrait et obéir. Mais Clémence n'est pas de cet acabit! Ayant été brimée durant toute son enfance, elle est déterminée à trouver un jour son indépendance. Une perspective qui s'éloigne beaucoup quand elle est mariée de force à Gustave, un homme qui ressemble énormément à son père.. Un véritable cauchemar. Clémence, heureusement, est forte et courageuse. Elle va briller d'ingéniosité pour trouver un jour sa voie et sa liberté. On croisera énormément de personnages tous très différents les uns des autres, certains adorables, d'autres franchement détestables. Les filles de Clémence tiennent également une place importante et j'avoue que j'ai hâte de connaître la suite de leurs aventures, j'espère les retrouver dans le prochain tome.

Le contexte historique est vraiment intéressant. En plus du début du féminisme qu'on voit éclore petit à petit la première guerre mondiale tient aussi une place importante dans la vie de Clémence. On se rend compte de la manière dont celle-ci a semé un léger vent de discorde dans les vies paisibles d'autrefois, les hommes partis, les femmes découvrent pour la première fois une indépendance qui, pour beaucoup, leur plaira. J'ai beaucoup aimé également de voir les différentes conséquences entre ville et campagne également, comment Paris et le reste de la France supporte la guerre mais aussi comment tout va changer après, surtout à Paris où la victoire grise les coeurs et donne une envie de vivre et une liberté que beaucoup ne connaissaient pas. La fin du récit sème les petites graines de la montée du fascisme et d'Hitler.. On sent que la deuxième sera le cœur de cette suite que j’attends d'autant plus!

Quelle histoire, quel roman incroyable sur l'évolution du statut des femmes! C'était bon, c'était dur, c'était passionnant à lire. Je ne m'y attendais pas du tout et la surprise était d'autant plus savoureuse.


Des bisous!